15 janvier 2026

Les Nénuphars (Conte Indiens Peaux-Rouges)

  

 

Cela se passait il y a bien longtemps, dans un temps où tout était beau et bon sur la terre. Les gens s'aimaient, ils aimaient les animaux. Il n'y avait ni haine, ni guerre. Il n'y avait pas de froid rigoureux, ni de tempête, ni de foudre, ni d'orage. 

 


Les arbres étaient toujours recouverts de fruits magnifiques, les forêts pleines de gibier et les lacs fourmillaient de poissons.
Le maïs poussait dans les champs, les fleurs s'épanouissaient dans les prairies, l'air embaumait et le chant des oiseaux montait vers le ciel en une musique divine.
Les Indiens vivaient heureux sur cette terre bénie des dieux. Ils passaient leur temps à chasser et à pêcher. Souvent, le soir, les jeunes gens, réunis en groupe, contemplaient le ciel et admiraient les étoiles. Ils pensaient qu'elles étaient les demeures des Esprits bons et généreux qui avaient comblés de leurs dons la race rouge.
Un soir, ils s'aperçurent qu'une de ces étoiles, qui brillait d'un éclat magnifique, semblait s'être rapprochée de la terre. Ils remarquèrent qu'elle se rapprochait un peu plus chaque nuit. Bientôt, on l'a vit de plus en plus près de la terre des Indiens.  
Un soir, elle finit par se poser au-dessus des grands arbres de la forêt voisine. Les jeunes gens, dont la curiosité avait été éveillée, allèrent en courant la voir de plus près.
A leur retour, ils assurèrent aux sages de la tribu, qui les interrogeaient, que sa forme rappelait les ailes d'un oiseau.
L'étoile était peut-être le présage d'un malheur ? Mais ils leur sembla qu'un si bel astre ne pouvait présager une telle chose. Ils pensèrent plutôt, en constatant qu'elle était de plus en plus brillante, qu'elle désirait ardemment attirer l'attention des hommes.
A quelques lune de là, un jeune Indien fit un rêve : il vit auprès de lui une jeune fille d'une beauté sans égale. Elle était vêtue de blanc, toute auréolée de clarté.
- Jeune homme, dit-elle, je trouve si belle la terre de tes ancêtres, avec ses fleurs, ses oiseaux, ses lacs et ses forêts, que j'ai décidé de quitter mes soeurs et de venir habiter parmi vous. Demande aux sages de la tribu ce que je dois faire pour cela.
Lorsque le jeune homme, le lendemain, raconta son histoire, tous comprirent que c'était l'étoile, et qu'elle voulait vivre parmi eux.
Cinq jeunes, beaux et braves Indiens furent choisis pour aller à la rencontre de l'étoile. Ils partirent vers le Sud. Lorsqu'ils la virent descendre vers eux, ils lui souhaitèrent la bienvenue. Ils lui présentèrent un calumet où brûlaient des herbes odorantes choisies pour elle. Elle prit le calumet et suivit ses nouveaux amis jusqu'au village. A partir de ce jour, on la vit toutes les nuits au-dessus des wigwams et des tentes, où elle restait jusqu'à l'aube.
Sous les traits de la belle visiteuse, elle apparut en rêve au jeune Indien endormi, et lui dit :
- Mon désir le plus ardent est de vivre parmi vous, mais quelle forme dois-je prendre et où puis-je me poser ?
Les sages encore une fois tinrent conseil. Indécis, ne sachant quel conseil donner à leur amie, ils répondirent que partout elle serait la bienvenue, qu'elle pouvait elle-même choisir l'endroit où elle pensait être la plus heureuse.
Inexpérimentée, l'étoile choisit d'abord la forme arrondie d'un rocher, mais trop haut perchée, elle se trouvait isolée et cachée aux yeux des hommes. Ce n'était pas là ce qu'elle souhaitait. Puis elle devint une fleur de la prairie, mais elle comprit vite que les chevaux pourraient la meurtrir ou l'écraser dans leur course.
C'est alors, qu'elle eut l'idée de vivre sur la rivière, dans les étangs et sur les lacs. Elle verrait les enfants jouant sur le rivage et les jeunes hommes conduisant leurs canots. Elle serait avec eux, jeunes et vieux riant de plaisir dans la fraîcheur de l'onde.
C'est ainsi que dès le lendemain, à l'aube, on vit des centaine de nénuphars d'une blancheur immaculée, qui parsemaient les cours d'eau et les lacs.
Les Indiens émerveillés, reconnurent immédiatement leur amie l'étoile et se réjouirent de l'avoir toujours parmi eux sous la forme de nénuphar.
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire