En ce temps-là, au XIIIe siècle, l'Autriche occupait les cantons
suisses. Elle avait envoyé des gouverneurs, que l'on appelait des
baillis. Gessler, le bailli du canton d'Uri, était l'un des plus cruels.
Dans
le même canton, dans la petite ville d'Altdorf, vivant un homme appelé
Guillaume Tell. Par son courage et son adresse, Guillaume Tell était
devenu un héros ; c'était le meilleur marin du lac de Lucerne et le
meilleur arbalétrier du canton.Mais il avait un ennemi, Gessler,
qui le poursuivait de sa haine. Aussi, Guillaume Telle préféra-t-il
s'installer dans la montagne avec son petit garçon qu'il aimait plus que
tout au monde. Quand il n'avait plus de provisions, il descendait à
Altdorf.Un jour, il vit un poteau dressé sur la place. On y
avait placé un chapeau, et tous ceux qui traversaient la place saluaient
le chapeau !- Que se passe-t-il ? demanda Guillaume Tell à une jeune femme.- Le bailli Gessler nous a ordonné de saluer son chapeau.Guillaume Tell traversa la place avec son fils, en criant haut et fort :- Saluer un chapeau, jamais ! Et surtout pas celui de Gessler !Aussitôt, ils se virent encercler par des soldats, qui les menèrent au château du terrible Gessler :- Guilaume Tell, tu m'as manqué de respect ! Pour ce crime, je pourrais t'enfermer à vie dans mes sombres cachots.Guillaume
Tell n'avait pas bronché. Il gardait la tête haute et observait
calmement le bailli. Gessler enrageait. N'y avait-il donc aucun moyen de
vaincre la résistance de cet homme ? Il réfléchit. Une lueur mauvaise
brilla dans ses yeux.- Il paraît que tu es le meilleur arbalétrier du canton, dit-il.- C'est vrai ! s'exclama vivement le fils de Guillaume Tell.-
Nous allons bien voir, dit Gessler en laissant apparaître sur son
visage un sourire cruel. Si tu transperces d'une flèche une pomme placée
à deux cents pieds de distance, je te rends la liberté.Guillaume
Telle ne comprenait pas pourquoi Gessler lui donnait une chance
d'échapper à la prison, mais bien sûr, il accepta. Tout le monde se
redit dans un champ.- Attachez donc le garçon à un arbre et
posez la pomme sur sa tête ! ordonna le bailli. Ainsi, notre ami
Guillaume Tell ne s'amusera pas à viser de travers !En voyant
Guillaume Tell devenir blanc comme un linge, il devina qu'il avait
touché son point faible. Gessler ricanait méchamment. Guillaume
tremblait. Et s'il visait mal ? Devait-il supplier qu'on l'envoie en
prison ? Mais, soudain, une voix rompit le silence.- Papa ! Tu y arriveras, j'en suis sûr ! Je te promets de ne pas bouger.Les
soldats attachèrent alors le petit garçon au tronc d'arbre et lui
posèrent une pomme rouge en équilibre sur la tête. Guillaume se
prépara... Son fils se tenait immobile. Il retenait sa respiration.
Brusquement, il entendit un bruit sec, et la pomme coupée en deux tomba à
ses pieds. Son père était libre !Gessler resta muet de surprise et de colère. Et puis, une autre flèche tomba de la veste de Guillaume.- Tu avais deux flèches ? demanda Gessler.- Oui. Si j'avais tué mon fils avec la première, j'aurais planté la seconde dans votre cœur de pierre, Gessler !- Traître ! hurla celui-ci. Tu mérites la mort !Les
soldats ligotèrent Guillaume, le portèrent sur un bateau et hissèrent
les voiles. Avant de s'éloigner du rivage, Guillaume cria à son fils :- Rentre à la maison et attends mon retour !Tandis
que le bateau voguait sur les eaux profondes, le vent se mit à souffler
par rafales, soulevant d'énormes vagues sur le lac, des vagues si
hautes que les soldats firent pris de panique.- Un seul homme est capable de manœuvrer dans la tempête, déclara un marin suisse. C'est Guillaume Tell !- Il faut le libérer ! crièrent les soldats.On
défit les liens de Guillaume. La pluie tombait avec violence. On voyait
à peine les roches du rivage. Guillaume poussa le gouvernail de toutes
ses forces. Mais une vague souleva le bateau, le fit retomber sur un
rocher et le fendit en deux !Guillaume arracha son arbalète des
mains d'un soldat, sauta par-dessus bord, s'agrippa à une branche
d'arbre et atterrit d'un bond sur la terre ferme. Au même instant, les
vagues engloutirent le bateau.Gessler, qui était resté sur la
rive, regardait avec horreur la disparition de ses meilleurs soldats. Il
ne vit pas Guillaume mettre un genou à terre, bander son arbalète et
tirer une flèche qui se planta juste dans sa poitrine.Alors, Guillaume partit vers la montagne. Là-haut dans leur maison, son fils l'attendait.Quelques
années plus tard, la Suisse se libéra de la domination de l'Autriche et
ses habitants retrouvèrent la paix et le bonheur.En ce temps-là, au XIIIe siècle, l'Autriche occupait les cantons
suisses. Elle avait envoyé des gouverneurs, que l'on appelait des
baillis. Gessler, le bailli du canton d'Uri, était l'un des plus cruels.
Dans
le même canton, dans la petite ville d'Altdorf, vivant un homme appelé
Guillaume Tell. Par son courage et son adresse, Guillaume Tell était
devenu un héros ; c'était le meilleur marin du lac de Lucerne et le
meilleur arbalétrier du canton.
Mais il avait un ennemi, Gessler,
qui le poursuivait de sa haine. Aussi, Guillaume Telle préféra-t-il
s'installer dans la montagne avec son petit garçon qu'il aimait plus que
tout au monde. Quand il n'avait plus de provisions, il descendait à
Altdorf.
Un jour, il vit un poteau dressé sur la place. On y
avait placé un chapeau, et tous ceux qui traversaient la place saluaient
le chapeau !
- Que se passe-t-il ? demanda Guillaume Tell à une jeune femme.
- Le bailli Gessler nous a ordonné de saluer son chapeau.
Guillaume Tell traversa la place avec son fils, en criant haut et fort :
- Saluer un chapeau, jamais ! Et surtout pas celui de Gessler !
Aussitôt, ils se virent encercler par des soldats, qui les menèrent au château du terrible Gessler :
- Guilaume Tell, tu m'as manqué de respect ! Pour ce crime, je pourrais t'enfermer à vie dans mes sombres cachots.
Guillaume
Tell n'avait pas bronché. Il gardait la tête haute et observait
calmement le bailli. Gessler enrageait. N'y avait-il donc aucun moyen de
vaincre la résistance de cet homme ? Il réfléchit. Une lueur mauvaise
brilla dans ses yeux.
- Il paraît que tu es le meilleur arbalétrier du canton, dit-il.
- C'est vrai ! s'exclama vivement le fils de Guillaume Tell.
-
Nous allons bien voir, dit Gessler en laissant apparaître sur son
visage un sourire cruel. Si tu transperces d'une flèche une pomme placée
à deux cents pieds de distance, je te rends la liberté.
Guillaume
Telle ne comprenait pas pourquoi Gessler lui donnait une chance
d'échapper à la prison, mais bien sûr, il accepta. Tout le monde se
redit dans un champ.
- Attachez donc le garçon à un arbre et
posez la pomme sur sa tête ! ordonna le bailli. Ainsi, notre ami
Guillaume Tell ne s'amusera pas à viser de travers !
En voyant
Guillaume Tell devenir blanc comme un linge, il devina qu'il avait
touché son point faible. Gessler ricanait méchamment. Guillaume
tremblait. Et s'il visait mal ? Devait-il supplier qu'on l'envoie en
prison ? Mais, soudain, une voix rompit le silence.
- Papa ! Tu y arriveras, j'en suis sûr ! Je te promets de ne pas bouger.
Les
soldats attachèrent alors le petit garçon au tronc d'arbre et lui
posèrent une pomme rouge en équilibre sur la tête. Guillaume se
prépara... Son fils se tenait immobile. Il retenait sa respiration.
Brusquement, il entendit un bruit sec, et la pomme coupée en deux tomba à
ses pieds. Son père était libre !
Gessler resta muet de surprise et de colère. Et puis, une autre flèche tomba de la veste de Guillaume.
- Tu avais deux flèches ? demanda Gessler.
- Oui. Si j'avais tué mon fils avec la première, j'aurais planté la seconde dans votre cœur de pierre, Gessler !
- Traître ! hurla celui-ci. Tu mérites la mort !
Les
soldats ligotèrent Guillaume, le portèrent sur un bateau et hissèrent
les voiles. Avant de s'éloigner du rivage, Guillaume cria à son fils :
- Rentre à la maison et attends mon retour !
Tandis
que le bateau voguait sur les eaux profondes, le vent se mit à souffler
par rafales, soulevant d'énormes vagues sur le lac, des vagues si
hautes que les soldats firent pris de panique.
- Un seul homme est capable de manœuvrer dans la tempête, déclara un marin suisse. C'est Guillaume Tell !
- Il faut le libérer ! crièrent les soldats.
On
défit les liens de Guillaume. La pluie tombait avec violence. On voyait
à peine les roches du rivage. Guillaume poussa le gouvernail de toutes
ses forces. Mais une vague souleva le bateau, le fit retomber sur un
rocher et le fendit en deux !
Guillaume arracha son arbalète des
mains d'un soldat, sauta par-dessus bord, s'agrippa à une branche
d'arbre et atterrit d'un bond sur la terre ferme. Au même instant, les
vagues engloutirent le bateau.
Gessler, qui était resté sur la
rive, regardait avec horreur la disparition de ses meilleurs soldats. Il
ne vit pas Guillaume mettre un genou à terre, bander son arbalète et
tirer une flèche qui se planta juste dans sa poitrine.
Alors, Guillaume partit vers la montagne. Là-haut dans leur maison, son fils l'attendait.
Quelques
années plus tard, la Suisse se libéra de la domination de l'Autriche et
ses habitants retrouvèrent la paix et le bonheur. | | | | | | |
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