Il était une fois un pauvre tailleur, nommé Mustapha, qui habitait dans une ville lointaine d'Orient avec sa femme et son fils Aladin. Mais cet enfant, paresseux et désobéissant, était un vrai garnement. Il passait le plus clair de son temps à traîner dans les rues, et il n'y avait pas moyen de lui apprendre quoi que ce soit, ni par la douceur, ni par la menace. Son pauvre père fut si déçu qu'il en tomba malade et qu'il mourut de chagrin.
Aladin ne changea pas pour autant. Au contraire, il devint encore plus insouciant, ce qui désespérait sa mère. Il ne rentrait plus à la maison que pour manger le pain qu'elle avait péniblement gagné.
Un jour, alors qu'Aladin jouait comme d'habitude avec ses camarades sur la place du marché, un étranger s'approcha de lui et se fit passer pour un riche marchand : mais il était en réalité un puissant magicien.
Il engagea la conversation avec le jeune garçon et lui demanda son aide pour une affaire de la plus haute importance, en précisant :
- En récompense, je te donnerai de l'or, beaucoup d'or pour toi et ta mère.
Aladin accepta tout de suite de le suivre.
L'étranger lui offrit d'abord un somptueux repas, puis des habits de toute beauté, et il l'emmena en dehors de la ville. Aladin se sentait bien fatigué,
mais sa curiosité le poussait à continuer. Ils arrivèrent enfin au pied d'une montagne, et le magicien s'arrêta, car c'était exactement le lieu
où il avait voulu attirer l'enfant.
- Mais il n'y a rien ici ! fit Aladin surpris.
- Un peu de patience, répondit l'étranger, dont le regard brillait d'une lueur inquiétante.
Puis il demanda de préparer du feu, et lorsque les flammes jaillirent, il y versa des parfums mystérieux et prononça des formules magiques : alors
la terre s'ouvrit, découvrant une énorme pierre. Aladin, effrayé de ce prodige, voulut s'enfuir, mais l'étranger l'empoigna avec brutalité :
- Grâce à moi, tu peux devenir riche. Sous cette pierre est caché un immense trésor. Si tu prononces bien ton nom, puis celui de ton père et
de ton grand-père, la pierre se soulèvera.
- Je suis Aladin, fils de Mustafa et petit-fils d'Ali, dit le garçon en tremblant. Et la lourde pierre se souleva. En dessous, un escalier semblait s'enfoncer
dans la terre. Mais, comme il hésitait à descendre, le magicien retira la bague qu'il portait au doigt et la lui tendit.
- Prends-la, elle te protégera. Le souterrain mène à une grande salle et à un jardin. Tout au fond, tu verras une petite niche dans laquelle se trouve une lampe, rapporte-la-moi !
Aladin songea aux richesses qui l'attendaient et, sans méfiance, fit ce que le magicien lui avait demandé. Au retour, il prit son temps pour admirer le jardin
merveilleux. Sur les arbres poussaient non pas des fruits, mais des pierres précieuses. Il en remplit ses poches tant qu'il put. Il commençait à peine à gravir l'escalier lorsque, là-haut, le magicien hurla :
- Mais qu'est-ce que tu fais ? Dépêche-toi, espèce de vaurien ! Donne-moi cette lampe, et vite !
Aladin, terrifié, recula de quelques marches. Le redoutable magicien, croyant qu'Aladin voulait garder la lampe pour lui, se mit dans une colère
terrible et, pour le punir, prononça alors une formule magique, et le souterrain se referma.
L'enfant, prisonnier dans le noir, pleura de longues heures, se demandant ce qui allait lui arriver. Il finit par avoir très froid et, pour se réchauffer, il se frotta les mains. Sans le vouloir, il effleura ainsi l'anneau du magicien d'où jaillit une fumée lumineuse, et un géant apparu devant lui :
- Ton génie et serviteur je suis. Ordonne et j'accomplis !
Aladin stupéfait, bégaya :
- Sors-moi d'ici !
Et il se retrouva aussitôt dehors, et le génie disparut comme il était venu.
Aladin rentra vite chez lui, où sa mère fut soulagée de le revoir. Mais hélas, elle n'avait plus de quoi nourrir son fils. Alors Aladin pensa aux pierres précieuses qu'il avait dans les poches et à la vieille lampe. "Pourquoi ne pas les vendre ?", se demanda-t-il.
Afin que la lampe paraisse plus neuve, il voulut la nettoyer, mais à peine l'eut-il frottée qu'à nouveau un génie énorme surgit :
- Ton génie et serviteur je suis. Ordonne et j'accomplis !
- Apporte-nous à manger ! lui demanda tout simplement Aladin.
Et, dans l'instant, le génie fit apparaître sur la table les mets les plus délicieux et les plus rares. La mère d'Aladin n'en croyait pas ses yeux ;
son fils lui prit la main et lui dit :
- Désormais, finie la misère, le génie de la lampe pourra nous donner tout ce dont nous avons besoin.
Et c'est ce qui se passa. Pendant les années qui suivirent, Aladin et sa mère ne manquèrent jamais de rien. Notre héros oublia même le terrible magicien...
A suivre...
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